En été 2016, dans la métropole de Douala, le célèbre rappeur camerounais Hobskur a lancé avec des personnes partageant les mêmes idées la campagne «StopMurderingAfricanPeople» contre la répression et l’intimidation de la population par les forces de l’ordre camerounaises. Son Appel «Ne tire plus sur le peuple» – tel est le titre de sa dernière chanson et vidéo – est de très grande actualité face aux attaques contre la société civile fin 2016.
Comme il le dit lors de la conversation, l’artiste, qui se fait appeler Hobskur, ne fait pas du rap seulement pour le plaisir. Son projet musical est en même temps un projet émancipateur. Il est convaincu que ses chansons ont un impact politique et social. Le hip hop serait un mouvement social et artistique de la jeunesse, dont la conscience de former une collectivité, forge l’identité. De Douala à Berlin en passant par Paris et Londres – quand Hobskur se trouve sur scène, il confronte son public avec une alternance de violentes accusations de dysfonctionnement et de moments d’utopie, de se dérober à ses responsabilités, que ce soit en tant qu’individu ou en tant que membre de la société…
Sa voix, riche en variations, donne à ses chansons aux refrains politiques et accrocheurs une tonalité lyrique étonnamment délicate, qui fait que le chanteur Djoko, tel est son nom camerounais, se distingue comme véritable «poète de la rue».
Actuellement, Hobskur développe à Berlin avec d’autres musiciens, son projet musical contre la violence et il porte un regard critique sur les effets du colonialisme européen sur la société africaine. Son engagement reste aussi un hommage à la jeunesse et à la culture de son pays: le Cameroun!
Entretien avec le rappeur camerounais Hobskur sur le hip hop en tant que culture de la jeunesse, la musique comme émancipation politique, la répression et le renouveau au Cameroun, le néocolonialisme et l’autodétermination africaine.

Entretien avec le rappeur camerounais Hobskur

«Ne tire plus sur le peuple»

Cornelia Wilß: Au Cameroun vous êtes connu comme artiste rappeur Hobskur mais vous vous considérez également comme un activiste politique. Comment ces deux aspects sont-ils liés?

Hobskur: Mon premier album arrive à la suite de plusieurs collaborations à l’exemple de la sortie de notre compilation «Libre expression». Dans cette compilation, c'était en 2007, avec le titre »K-O» mes amis et moi recevons la reconnaissance de nos proches et sommes invités à plusieurs concerts. Suivi de mon single intitulé »les mêmes» sortis en 2009 – c'était ma première grande chanson politique. Ce single qui est pour moi une interrogation suite au discours fait par le président de la république Paul Biya, pour intimider la population. En février 2008, ce sont en majorité des habitants de ma ville natale de Douala, mais aussi de Yaoundé et à Bamenda qui sont descendus dans la rue et ont lancé un appel à la grève de la faim. A sa sortie il reçoit un bon accueil vu que je suis directement nominé aux Awards du hip hop au Cameroun le refrain est bien repris par cœur sur toutes mes scènes («c’est nous les voyous mais qui les voleurs?»), je participe ainsi à plusieurs concerts et même à des événements majeurs comme la célébration des 30 ans du quotidien «le messager».

A la sortie de « Menace sur ma planète » en 2010, même si je ne reçois pas de prix, il est quand même nominé dans la catégorie meilleur album rap de l’année au hip hop Awards, et une fois de plus je suis sur plusieurs scènes. Dorénavant il est officiel chez tous ceux que je rencontre dans la rue, les marchés même pour les membres de ma famille qu’au-delà de faire du rap pour le fun, je me positionne comme un artiste socialement et politiquement engagé.

Parlant des sujets que je traite, il est vrai que je suis à 90% critique politique, mais il est aussi possible d’écouter un titre comme je veux en collaboration avec 20 Cent et Nowell dans mon album »Menace sur ma planète» qui est plutôt une critique culturelle.

Quel rôle joue le hip hop actuellement au Cameroun? Est-il devenu une partie intégrante de la culture de la jeunesse camerounaise? La critique socio-politique est-elle comprise?

Que ce soit aux Etats Unis, en France, au Sénégal, ou au Cameroun, le hip hop a toujours été un mouvement de jeunes fait par des jeunes pour les jeunes. Le hip hop est un mode de vie, un moyen d’expression avec un code vestimentaire qui l’accompagne. Au-delà de cette définition il va être difficile de lui attribuer un rôle particulier au Cameroun, puisqu’il est un mouvement qui grandit, se mute, embrase et s’ouvre aussi à d’autres cultures. On peut affirmer avec certitude que le hip hop occupe une place importante de la scène artistique et musicale dans mon pays. Depuis quelques années, on y organise régulièrement des festivals de hip hop.

Certains artistes dans leurs chansons ont juste une envie de faire danser la masse, d’autres expriment leurs émotions d’amour ou de tristesse et pour des personnes comme moi c’est un support de communication avec un style urbain pour développer et présenter un point de vue critique sur les sujets sociaux et politique qui ne tournent pas rond. Le hip hop peut donc à cet effet être un bon support pour atteindre plus rapidement les gens d’autres villes et pays pour passer un message, construire une masse critique, selon les objectifs de l’auteur de l’œuvre artistique.

Aujourd’hui le hip hop fait partie de la vie de près de 80 % de jeunes camerounais «j’espère que je n’abuse pas vu qu’il n’y a peut-être pas de statistique à ce sujet». Mais avec la nouvelle tendance Afro-beat, il est évident que tout le monde est dedans (impliqué), comme on dit chez nous au Cameroun, («même les paters et les maters sont dedans»).

Hobskur vos textes sont à la fois lyriques/philosophiques et politiques. Comment parvenez-vous à créer un lien entre la forme et l’intention ? Est-ce que on peut mesurer l’effet de ses textes au sens d’une prise de conscience sociale?

Comme chaque artiste qui sort un album, l'objectif est de toucher le maximum de personnes possible, mais personne n'est certain de la portée de sa chanson avant qu'elle ne soit rendue publique, en plus je pense aussi que la popularité d'une chanson dépend de manière générale du degré de compréhension des auditeurs. Je ne peux dire avec exactitude quel est l'impact de mes chansons sur le public, parce que la prise de conscience pour moi ne dépend pas du nombre de personnes qu'on déplace lors d'un concert mais plutôt du changement radical ou progressif qu'on fait naître chez ceux qui à travers une chanson commencent à avoir une perception autre que celle qu'ils avaient à ce sujet. Un rôle précis? Non, mais plutôt une intention précise, faire naître en chaque Camerounais ce point d'interrogation qui conduit à l'émancipation d'un point de vue objectif pour le Cameroun.

Comme on disait au départ, les rappeurs sont des poètes de la rue et la poésie exige une certaine forme, même si parfois dans le souci de passer un message, je ne la respecte pas. Le côté philosophique du rap lui donne une place importante et déconstruit un peu l'idée qu'on se fait de notre art comme étant celui des personnes ayant raté leur vie, et c'est bien dommage que cet aspect du rap monte souvent une barrière entre nous et certains fans qui, justement n'ayant pas une culture du rap ou du rythme, une culture générale sociale ou politique tant sur l’actualité que sur le passé, ne comprennent pas forcément nos analyses. C’est pour ça que j’écris toujours un refrain assez ouvert à la compréhension de ce que je raconte dans la chanson. Mais je trouve aussi cette petite barrière intéressante parce que cela nous pousse, nous à être plus créatif pour se rapprocher des auditeurs de toutes les classes et eux à se cultiver à travers nos chansons.

Comment composez-vous vos chansons ? D’abord le texte ensuite la musique, ou l’inverse ?

Je suis un chanteur et lorsque j'ai une idée, je commence toujours par le refrain. C'est seulement après l'avoir trouvé que je j'écris la chanson. Pour moi, il est important que l'on ne dissocie pas le sujet de l'émotion suscitée par celui-ci. C'est un processus de création (il commence à entonner doucement un refrain). Dès qu'une chanson naît, je pense immédiatement aux sentiments que celle-ci va éveiller chez les auditeurs. Dans mon évocation, je suis toujours en liaison étroite avec le public.

«Hobskur- le petit soldat légendaire» – pourquoi ce nom de scène?

Le H et le k dans Hobskur ont un rapport avec mon nom et mon prénom, maintenant Hobskur si on le prend au premier au degré on dira qu'il représente l'obscurité quelque chose de perçu comme négatif, mais en essayant d'aller en profondeur pour comprendre ma motivation, il définit le point de départ de tout, bon ou mauvais. Je pense avec le temps que je l'ai adopté pour déconstruire l'interprétation classique de l'obscurité, perçue comme négative.

Petit soldat légendaire est devenu mon A.K.A au fil des années en raison de mon investissement dans les projets d'autres artistes. Toujours en train de donner un coup de main çà et là, je pense que c’est mon grand-père, ancien combattant camerounais, qui me contant une histoire de l’époque coloniale me dit pour la première fois «  toi tu es un bon soldat ».

Quel est l’impact en Europe? Est-il différent de celui au Cameroun? Votre message est-il compris? Parvenez-vous à atteindre les parents de la «Génération Change»?

Depuis que je me produis sur des scènes en Europe, il est arrivé à plusieurs reprises qu’un adulte se rapproche de moi pour savoir si mes chansons en acoustique sont disponibles tout en me faisant la remarque qu’ils apprécient ma manière de présenter le sujet. (Rire) Je me souviens même d’une amie du groupe Buffalo Cotton qui deux jours après le concert génération change du 20 mai à la Tour Pleyel de Paris est venue me dire que son papa n’a pas arrêté de lui dire « Ce n’est pas du rap, il est un conteur ».

En tout cas, je ne pense pas encore avoir commencé le vrai travail au niveau de l’Europe et les choses ne tarderont pas à se faire.

Au Cameroun, vous vous engagez avec des amis pour des projets sociaux, là même où les gens habitent, travaillent, fréquentent l'école… et faites ressortir la valeur de l aspect communautaire du vivre ensemble dans les quartiers. Vous désirez en priorité communiquer aux jeunes qu'ils ont une perspective.

Je ne suis pas seulement un artiste sur la scène mais aussi un homme du terrain et donc j’accompagne mes projets très souvent par une rencontre artistique en offrant ainsi une pleine forme d’expression aux plus jeunes qui n’ont pas la possibilité de se produire sur les espaces d’expression disponibles. Et je pense justement que cette opportunité que nous offrons aux jeunes venus de différents quartiers les rapproche artistiquement et brise en même temps le mythe du statut social pour laisser place à l’appréciation du potentiel des uns et des autres.

Avec génération change, faire travailler les gens en collectivité a pour objectif de faire renaître chez chaque individu ou habitant du même quartier l’appropriation de son espace de vie, parce que tout ce qu'on bâtit ensemble on le protège ensemble. Mais il ne s'agit pas de rompre la relation faible ou presque inexistante qu'il y a entre les populations et les gouvernants, au contraire ceci est un travail avant-gardiste qui prépare les populations à remettre en question le contrat social qu'il devrait y avoir entre les gouvernants et les populations

Dans la nouvelle campagne « StopMurderingAfricanPeople », qui a été lancée en été 2016 à Douala, il s’agit également de surmonter le colonialisme dans les esprits et d’une solidarité entre les « gens en uniforme » et la « population normale ». Quelle est votre stratégie ?

En effet, c'est un projet de déconstruction des barrières que le système colonial a montées pour mieux contrôler la politique en Afrique. Ce projet vise donc à solidariser les hommes en tenue avec les populations donc ils sont normalement en charge. Depuis et même avant l'indépendance, les hommes en tenue sous le contrôle de la France au Cameroun ont toujours un caractère répressif. Nous assistons donc toujours à la reproduction théâtrale de la volonté coloniale, ce qui justement n'est pas favorable à l'épanouissement socio-politique des populations. Avec ce projet qui n'est qu'un point de départ il est question d'interpeller les hommes en tenue pour la prise de conscience de leurs parts de responsabilités dans la prise en otage du patrimoine national par une minorité donc ils sont les complices par leurs actes très souvent meurtriers « le doigt sur la détente ».

Je ne pense pas qu’il soit bien dans une société qu’un jeune grandisse avec une image répressive de la police et de l’armée. Au contraire, celui-ci devrait se sentir en sécurité en leur présence. Si nous arrivons avec ce projet à solidariser ces corps aux intérêts de la population plutôt que d’être leur bourreaux, il sera plus facile d’avoir accès à la liberté d’opinion et de là, naîtra l’engagement politique de construction au sein de nos quartiers.

Je pense et j’en suis presque certain que le poids de l’histoire par le caractère répressif de la police et l’armée coloniale sur les populations est l’une des raisons du non engagement en politique des jeunes et de certains parents qui gardent encore en mémoire l’époque de la lutte pour l’indépendance du Cameroun, où ils ont assisté aux massacres des indépendantistes du pays Bassa et Bamiléké.

Beaucoup sont d'avis que se révolter contre le système ne changera rien. Aucun parent, où qu'il soit dans le monde, n'aimerait mettre son enfant en danger pour une cause perdue d'avance.

Même n’étant pas un spécialiste des raisons du comportement social des Camerounais, je pense que la resocialisation de toutes les couches va commencer par la quête de la solidarité police/armée avec les populations ouvrira une porte vers un avenir moins douloureux.

En plus, ce qu’il faut rappeler est que la plupart de ces hommes en tenue sont issus de ces quartiers vers lesquels le système les envoie en mission pour faire le nettoyage lorsqu’ils se mobilisent pour faire entendre leur désarroi.

Hobskur: „Ne tire plus sur le peuple“

En août et septembre 2016 vous étiez à Douala pour enregistrer la chanson « Ne tire plus sur le peuple » dans votre studio qui allait se faire connaître sur tous les réseaux sociaux. Quelles sont vos impressions après ce voyage?

L'enregistrement de la chanson au studio c'est bien passé et la réalisation de la vidéo qui accompagne la campagne aussi. Par contre le show case prévu au marché Congo n'a pas eu lieu faute d'autorisation et pour cause d'interdiction de la part de l'adjoint du sous préfet de Douala 2ème, qui justifie sa décision sous prétexte d'insécurité sur le lieu du marché Congo.

A propos de mon travail sur la campagne stop murdering African people ou encore solidarité police et Civils à Douala, nous n'avons malheureusement pas pu avoir une équipe de football de policiers comme je l'avais souhaité pour que tout se passe sur un terrain de foot. A cet effet, je dirais qu'il est difficile de convaincre un policier de se joindre à une telle démarche sans avoir eu une autorisation de sa hiérarchie, preuve que ceux ci ne sont pas tout à fait indépendants au point de se solidariser à un mouvement social. Mais face à cette difficulté nous avons quand même pu avec les jeunes du quartier Oyack et ses environs organiser une course « cross-country » de 7 kilomètres entre le quartier Oyack et Bilongue pour faire passer notre message qui est celui d'avoir une police solidaire des combats civils. 30 personnes ont participé à la course avec le t-shirt de la campagne et parmi ces 30 personnes nous avions aussi des filles (4). Les affiches ont été collées dans différents quartiers.

Aktion in Douala, Foto: Mein Time

Nous étions juste ensemble à l’exposition « Deutscher Kolonialismus » au Musée historique allemand et lors de l’ouverture non officielle vous avez présenté avec d’autres musiciens la chanson «C’est encore moi». La chanson encourage à rester fort face à l’adversité et la violence et à ne pas abandonner la lutte « car l’avenir nous appartient ».
Que faut-il pour arriver à briser l’image colonialiste des Africains qu’ont les Européens? Quelles sont les perspectives pour surmonter le paternalisme ?

Je ne suis peut-être pas un expert en la matière, mais lorsqu’on observe bien, avant et après l’indépendance les origines des conflits politiques sur le continent africain, triste est de constater que ceux qui prêchent les lois et répriment à grand jour dans des tribunaux sont les chefs d’orchestre de tous les drames en Afrique. Je pense aussi que la politique pensée par les occidentaux ne doit pas être imposée aux Africains comme un modèle à suivre. Pour être plus précis, il est temps que la France arrête de faire croire aux yeux du monde entier qu’elle est le pays des droits de l’homme, et qu’elle fait des efforts pour apporter son soutien aux pays à qui elle a accordé une indépendance de face alors qu’elle continue à tirer les ficelles au point d’organiser des coups d’états et des élections planifiées depuis Paris. Depuis le début c’est elle qui divise les Africains en alimentant les conflits ethniques et en fournissant des armes pour mieux se servir dans le sang et la sueur des pays où sont placés ses intérêts.

À cela s’ajoute votre nouveau projet, sur lequel vous travaillez à Berlin avec d’autres musiciens. Vous dites que c’est au sujet des étrangers qui occupent l’Afrique ?

Oui, je travaille actuellement sur un nouveau morceau avec un musicien allemand et un musicien anglais. Il s'agit d'une critique envers la politique occidentale vis à vis du Cameroun et de l'Afrique entier en général. On peut aussi dire qu'il s'agit d'une critique du néocolonialisme. Nous reprenons par exemple le sujet de la présence de l'armée française et des camps militaire en Afrique comme une forme de répression. Le pouvoir des armes confère à ces hommes un pouvoir de contrôle sur la politique. Nous ne voulons plus de bases militaires en Afrique. L'Afrique doit pouvoir se construire elle-même !

Ma nouvelles chanson pose la question : (commence à chanter doucement) : « Tu peux me dire pourquoi il y a autant de morts et de bombes qui nous inondent ? Pourquoi l'ONU laisse le Pentagone jouer le sapeur en étouffant la colombe. ? » Pourquoi l'Afrique est-elle inondée d'armes en provenance d'Europe ?? Qui en profite ?? Qui construit des armes et les vend ?? Comment peut-on parler de paix alors qu'en même temps on fabrique des armes ?? Les armes servent à faire la guerre et ne peuvent en aucun cas servir la cause de la paix. Pour la France et l'Allemagne, la fabrication d'armes un moyen de faire des affaires. Il n'y a pas de production d''armes en Afrique et malgré cela on y mène de nombreuses guerres.. Donc, le fait que l'on trouve quand même des armes en Afrique est lié au fait que celles-ci sont fabriquées en Europe. On nous vend des armes aux fins que nous fassions la guerre entre nous. C'est une politique profondément destructive, bien que l'on affirme sa volonté que le monde vive en paix. On ne peut désirer la paix et fabriquer en même temps. Nous ne sommes pas en route sur le chemin de la paix, nous continuons à avancer en direction de la destruction et de la dominance. Celui qui possède les armes, possède le pouvoir.

L'Afrique désire s'assumer ! Nous voulons nous prendre nous-mêmes en charge ! Notre critique s'adresse aussi à la dominance de l'Europe qui se poursuit et à l'encontre du colonialisme sous sa nouvelle forme. « Dites à la France que nous ne voulons plus du franc CFA ». Nous en avons assez du franc CFA, car lui aussi est une forme de l'exploitation. La France fabrique notre monnaie, pourquoi ?? Pourquoi la France prend-elle des décisions relatives à nos devises ? Il est impossible d'accéder à l'indépendance économique. Sur le plan politique non plus, ce sont toujours les mêmes personnes qui décident quelle personne passe au pouvoir et qui est un dictateur, qui doit être condamné en temps que criminel et qui ne doit pas l'être. En Afrique, on est déclaré criminel si l’on n’est pas d'accord avec l'Occident. Aussi longtemps que l'on adhère à l'Occident, on est considéré comme un bon président. Dans ma chanson « Les mêmes «  j'ai posé il y a quelques années la question suivante : « C'est nous les voyous, mais qui les voleurs ?? » Répondre à cette question reste un défi actuel.

L´entretien a été réalisé par Cornelia Wilß

Cet entretien s’est déroulé à Berlin au début de l’été et en automne 2016, en français et en allemand. Nous remercions Aïda et Raguel Roumer pour l’aide apportée à la traduction.

Rédaction française : Fabienne Hesse und Urielle Christal Mituen`s Kalala.

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erstellt am 03.2.2017

Hobskur
Der Rapper Hobskur, Foto: Steve Owoundi

Autographen von Hobskur

«Certains artistes dans leurs chansons ont juste une envie de faire danser la masse, d’autres expriment leurs émotions d’amour ou de tristesse et pour des personnes comme moi c’est un support de communication avec un style urbain pour développer et présenter un point de vue critique sur les sujets sociaux et politique qui ne tournent pas rond.»

«Dorénavant il est officiel chez tous ceux que je rencontre dans la rue, les marchés même pour les membres de ma famille qu’au-delà de faire du rap pour le fun, je me positionne comme un artiste socialement et politiquement engagé.»

«Que ce soit aux Etats Unis, en France, au Sénégal, ou au Cameroun, le hip hop a toujours été un mouvement de jeunes fait par des jeunes pour les jeunes. Le hip hop est un mode de vie, un moyen d’expression avec un code vestimentaire qui l’accompagne.»

«Pourquoi l'Afrique est-elle inondée d'armes en provenance d'Europe ?? Qui en profite ?? Qui construit des armes et les vend ?? Comment peut-on parler de paix alors qu'en même temps on fabrique des armes ?? Les armes servent à faire la guerre et ne peuvent en aucun cas servir la cause de la paix.»